COMPTE-RENDU DE REUNION
« LES COMMERCES DE PROXIMITE »
1. Pourquoi se préoccuper du commerce de proximité ?
La vie dun village, dun quartier dune ville et sa vitalité sont avant tout laffaire de ses commerçants.
Cest par la variété de ses commerces, la diversité des vitrines où chaque commerçant apporte sa touche personnelle que la rue vit.
La rue devient un théâtre permanent où tout nous interpelle.
Mais au-delà de laspect esthétique, nous devons avoir constamment à lesprit le fait que le commerce est le moteur de léconomie locale, un rouage essentielle du dynamisme et de la qualité de la ville
Lieu de rencontre, facteur de maintien des relations humaines, le commerce de proximité participe à la vie et à lanimation du quartier ou du village. Il est le garant dun certain art de vivre et participe activement au maintien de la sécurité des biens et des personnes.
Encore faut-il quil puisse vivre, sexprimer, se développer et devenir un des vecteurs de lascenseur social
..
2. Que sont les commerce de proximité ?
Les commerces de proximité procèdent des :
- Commerces,
- Artisans et professions libérales,
- Services aux particuliers,
- Services aux entreprises.
Exemple dune unité de commerce :
- Base Commerce : boulanger pâtissier, épicier, boucher traiteur, café restaurant, tabac journaux, banque, poste, pharmacie
- Artisans, libéral : coiffeur, plombier, électricien, médecin, garagiste
- Pour les quartiers plus importants : quincaillerie, droguerie, dégraissage, cadeaux, prêt-à-porter
3. Evolution du commerce en général
Depuis les années 60, on assiste à une progression spectaculaire de la grande distribution en France. Dabord axé sur les produits alimentaires, puis la droguerie, cette progression sest faite à « prix discount » au travers des super et hypermarchés.
Vers la fin des années 90, émergence des Hard Discount. Progressivement, cette politique sest poursuivie tous azimuts à lensemble des produits de grande consommation jusquà atteindre près de 88 % du chiffre global du commerce de détail.
Parallèlement à cette montée en puissance, les hypers ont été réaménagés pour devenir de plus en plus luxueux. Leurs prix ont augmenté, malgré les pressions faites sur leurs fournisseurs, jusquà devenir aussi chers (voire plus chers) que dans le commerce de proximité, mais en entretenant leur publicité de « prix les plus bas » au travers de quelques produits bas de gamme sacrifiés et du mythe de lessence moins chère. « Un îlot de perte dans un océan de profits »
Que recherche maintenant le consommateur ?
- Service
- Qualité,
- Choix,
- Prix
4. Rôle du commerce de proximité
Facilité dapprovisionnement
Permet plus de contacts entre gens du quartier doù un rôle social
Les gens se connaissent plus, doù plus de sécurité
5. Quest ce quêtre un bon commerçant aujourdhui ?
Etre bon commerçant aujourdhui, ce nest plus seulement avoir le sens du commerce et aimer ses clients, cest aussi et avant tout savoir maîtriser un ensemble de techniques quil convient de bien connaître :
- La gestion,
- La publicité (quil convient de bien utiliser),
- La surveillance de la concurrence,
- Le choix de sa gamme de produits, en fonction de sa clientèle
- Lamélioration du service sous tous ses aspects
En un mot, le commerçant daujourdhui doit être à la fois professionnel et chef dentreprise.
6. Freins au développement des commerces de proximité
Au niveau local
- Pas assez de parking
- Pas assez de signalétique de lexistence des commerçants
- Pas assez demplacements pour le marchés ou mal intégrés et mauvais emplacement
- Réflexe citoyen du Maire sur la présence de commerces de proximité.
Par le pouvoir central
- Manque de locaux à loyers modérés
- Imposition trop lourde pour les nouveaux commerçants qui sinstallent (création ou reprise)
- Peu dautorisations par les pouvoirs publics pour limplantation dans les quartiers de supérettes et de hard discount
Par les commerçants
- Manque dans certains cas de modernisation pour la présentation et le confort du chaland
- Peu de rues spécialisées dans un même commerce
- Contrainte par les Bâtiments de France pour le design dans les zones classées
- Ne pas repousser à lextérieur du village ou du périmètre du quartier les supérettes et les hard-discounts
7. Conclusion
- Il faut favoriser la concentration des commerces, éviter léparpillement dans le centre des villages ou des quartiers
- Il est indispensable de prévoir un nombre de parkings suffisants
- Renforcer la signalisation incitant les habitants à fréquenter ces commerces de détail
- Inventer un slogan ventant le commerce de proximité, qui résume les qualités et le rôle social, pour un même prix de revient que les grandes surfaces : « pour être mieux servi en faisant des économies », « conseil et compétence à votre service »
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- Inciter à la modernisation et à la création de nouveaux commerces manquants par des mesures fiscales
- Faire des formations auprès des commerçants et analyser dans chaque cas la solution idéale optimisée (réaménagement, affiliation à une chaîne, modification des commandes en fonction de la demande)
- Lancer une campagne de communication nationale à limage de celle des artisans
- Organiser des animations commerciales
- Une superette peut être un moteur du commerce de proximité si elle est implantée au cur des commerces
- Favoriser la location de locaux à loyers modérés.
Pierre GUILLON
Pierre MEHU
Bernard MOREAU
« REVALORISER LAPPRENTISSAGE »
1. Remarques préliminaires
Pour mener à bien sa réflexion, le groupe a commencé par définir les règles du jeu, visant à :
- Eliminer toutes les idées reçues ou à priori que chacun avait pu emmagasiner,
- Accepter que toute idée (même la plus farfelue) soit examinée avant dêtre retenue ou rejetée.
- Se placer en situation non pas « dancien » qui voudrait que ce soit comme il a connu, pensé ou imaginé, mais de « réfléchissant » dans la peau et létat desprit des publics concernés.
Cette dernière règle nest pas la plus facile et notre groupe voudrait que tout lecteur de ce document ladopte, même si parfois certains propos sont difficiles à admettre pour des décalages de génération, sinon de mentalités
Le groupe a essayé de proposer des réponses pour que lapprentissage soit reconnu pour ce que chacun voudrait quil soit : une voie royale pour les jeunes (et les professeurs) que la filière classique.
Une référence à ne pas oublier : le cursus médical nest autre quune voie dapprentissage
2. Interrogations
Quels sont les protagonistes de lapprentissage, hormis les jeunes (et leurs parents) ? Nous avons retenu :
- LEtat,
- LEducation Nationale,
- Les conseillers régionaux,
- Les métiers,
- Les structures qui accueilleront les jeunes en cours de formation sur le tas,
- Les entreprises qui embaucheront les jeunes apprentis en fin de cycle.
Pourquoi les jeunes choisiraient-ils cette voie de lapprentissage alors quil y a des solutions moins contraignantes qui leur permettent de gagner plus rapidement leur « indépendance financière » ?
Pourquoi sorienteraient-ils vers cette filière alors que les documents auxquels ils peuvent accéder considèrent lapprentissage comme la voie de léchec ?
Pourquoi lapprentissage, alors que rien ne les incite à aller vers ce créneau, et quil ny a pas de campagne de « racolage » (comme le font larmée ou la gendarmerie ou encore dautres formations hélas sans débouchés) ?
Comment les jeunes viendront-ils vers les métiers si ceux-ci donnent une mauvaise image (comme le bâtiment, la coiffure, lhôtellerie, la restauration
.) ?
Laccueil des jeunes est-il toujours à la hauteur de leurs espérances et non de celles les accueillant ?
Finalement, lentreprise qui embauchera a-t-elle vraiment envie davoir un apprenti ou recherche-t-elle une main duvre à bon marché ?
Autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses à la hauteur de lobjectif poursuivi avec un « regard jeune ».
3. Le dépoussiérage des métiers
Les jeunes ne viendront vers les métiers que parce quils en auront une bonne image : cest loccasion de mener une réflexion dans chaque métier avec les jeunes qui sont en cours de formation car ce sont bien eux qui seront les meilleurs relais entre ceux qui les suivent de quelques années et ceux qui les embaucheront.
Evitons le danger de linadaptation comme cette visite datelier pour des jeunes qui est très bien illustrée dans le film récent « Violences des échanges en milieu tempéré ».
4. La promotion de lapprentissage
4.1. Il nous a paru de mettre en avant certaines conditions préalables pour lapprentissage soit perçu comme noble :
4.1.1 Les objectifs doivent être clairement définis. Là-peu-près est exclu.
4.1.2 La formation doit être ressentie à la fois comme réalisable par les élèves et comme un défi quils se proposent à leur entourage.
4.1.3 Lélève doit savoir à tout moment où il en est, de façon à apporter les corrections nécessaires à son travail (éventuellement un de ses objectifs, mais uniquement vers le haut)
4.1.4 Tous les partenaires qui vont intervenir durant le cursus devront faire en sorte que lélève se concentre sur celui-ci : la réussite appartiendra à tous
4.1.5 Corrélativement, lélève doit accepter que son engagement soit total. Le sentiment de vaincre en sera grandi.
4.2 Les jeunes ont besoin davoir des idoles pour avancer : lattrait dun métier doit venir des métiers eux-mêmes. Education Nationale et Entreprises pourraient aider à développer lapprentissage.
4.2.1 Les professions en réalisant des documents (film, journal électronique ou papier, autre) présentant sous une forme ludique les métiers qui recrutent, en ne commençant surtout pas par le bâtiment, la coiffure et la restauration qui doivent auparavant revaloriser leur image : une présentation par un jeune ancien pourra être prévue en rassemblant des jeunes de plusieurs collèges au même endroit (ferait partie du programme)
4.2.2 lEducation Nationale en assurant leur diffusion dès la 6ème auprès de tous les publics. Sil le désire, le jeune pourrait avoir des renseignements complémentaires par lintermédiaire des professeurs (ceux-ci disposeraient dans la salle des professeurs dune banque de données informatisée
4.2.3 LEtat doit revoir la grille des rémunérations qui sont proposées aux jeunes de façon à ce quil ait un intérêt à choisir la voie de lapprentissage plutôt que la suite détudes qui le conduisent droit au chômage. Et sil y a aide, celle-ci doit être versée pendant x mois au jeune et non à lentreprise (aucun suivi des aides nest effectué dans les entreprises alors quil est facile de le faire par lassiduité de la formation).
4.2.4 Les régions (imitant lAlsace) doivent faire un gros effort de promotion de lapprentissage qui nest pas présenté comme la voie de léchec mais comme celle de la promotion des jeunes (semaine de lapprentissage, remise officielle de diplômes
)
Pourquoi des régions comme lIle de France, Rhône-Alpes ou PACA ne créeraient-elles pas une Maison de lApprenti donnant ainsi une valeur reconnue à ceux qui empruntent cette voie de formation ?
5. De vraies passerelles entre les voies générales, technologiques, professionnelles et spécifiques
Si à chaque fin de cycle ou dannée, il y a réellement des passerelles permettant de passer dune voie à lautre (en respectant les procédures de lEN, bien sûr), lapprentissage ne devient plus la voie de léchec. A ce stade, une réflexion approfondie devrait être entreprise avec lélève, ses parents et les professeurs pour savoir si un redoublement ne serait pas une autre solution.
A titre dexemple de cette voie de léchec : à lissue de la 4ème daide et de soutien (qui est déjà une voie pour les moins bons), il est proposé à la demande ou avec laccord de la famille et en fonction du niveau atteint et du projet personnel de lélève : passage en 4ème, 3ème, 3ème technologique, 3ème dinsertion, CFA, apprentissage.
Cette exigence ressortirait plus dune volonté de promotion de lapprentissage car le nombre de jeunes passant dune voie à une restera toujours faible.
Lapprentissage doit être une filière complète et non « une alternative à ».
6. Formation durant lapprentissage
Pour répondre mieux aux besoins actuels des entreprises, il paraît important davoir sur lapprentissage un regard nouveau qui pourrait consister à innover durant la formation :
- Nentrent en apprentissage (à partir de 14 ans) que ceux qui savent lire, écrire, compter (cest évident, bien sûr, mais lEN fournit tant dillettrés !)
- La formation théorique (en alternance avec la formation pratique) son contenu est établi avec les métiers comprendrait le matin une acquisition des connaissances de base dans chaque matière et laprès-midi une ouverture sur le sport et la découverte dautres secteurs (culture, économie, nature, connaissance des autres
)
- Cette formation théorique serait dispensée par un professeur principal auprès de qui chaque jeune pourrait trouver les ressources dont il a besoin.
- Libre laprès-midi, ce professeur principal sera en contact avec des entreprises, des métiers pour préparer des entrées de jeunes en formation pratique
- Durant la formation pratique, il suivra les jeunes en allant dans les structures daccueil : il rencontrera le tuteur nommé par la structure pour connaître ses difficultés, ses attentes et sera le relais entre la structure et le jeune.
7. Les lycées des métiers et lapprentissage
Lapprentissage doit être incorporé dans les filières retenues pour que le label « lycée des métiers » soit obtenu.
Deux remarques :
- Ce label pour être valide auprès des jeunes, de leur famille, de la profession et de lextérieur doit être décerné par une instance indépendante (qui ne soit ni lEN comme actuellement, ni un organisme national qui rechercherait avant tout à pérenniser son gagne-pain)
- La labellisation ne peut être accordée à des lycées qui nont pas mis en place tous les maillons de la filière et que ces maillons fonctionnent (actuellement, le label est accordé à des lycées qui disent quils mettront en place ces maillons)
8. Remettre les jeunes au travail, restaurer la légalité et apprendre la citoyenneté
Allons incognito à Lyon, rue de la République, entre Bellecour et place de la République vers 15 heures un lundi, en période scolaire où le temps est correct et notons le nombre de jeunes de 14 à 16 ans qui traînent : pourquoi sont ils si nombreux ? Et si nous enquêtons sur les raisons de leur présence nous serons surpris des réponses (manque de professeurs, mot de complaisance dun frère aîné, sèche des cours, ras le bol de la scolarité, pas de sanction en cas dabsence). A qui la faute ?
9. Manifeste
Si nous avons à défiler entre République et Nation, nous aurions des bannières sur laquelle nous aurions écrit « APPRENTISSAGE = EMPLOI ASSURE »