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> Presse Le Figaro:Le Président defend son idée de laïcité positive
Avec les représentants des religions, il est revenu ce jeudi sur les débats suscités par ses discours prononcés à Rome et à Riyad.
Nicolas Sarkozy a réaffirmé jeudi soir «son attachement au principe de la laïcité qui est un principe de respect de toutes les croyances et non un combat contre les religions». Il l'a dit par la voix de son porte-parole, David Martinon, à l'issue des voeux aux principales «autorités religieuses» du pays, catholiques, musulmanes, protestantes, juives, orthodoxes et, pour la première fois, bouddhistes.
«Tous ceux qui ont des convictions philosophiques, morales, religieuses devraient avoir à coeur de faire preuve de respect pour les convictions qu'ils ne partagent pas», a-t-il communiqué après les réactions suscitées, essentiellement à gauche et dans les milieux laïques, par ses discours prononcés le 20 décembre à Rome et le 14 janvier à Riyad.
À la sortie de l'Élysée, le président de la conférence des évêques de France, Mgr André Vingt-Trois, s'est réjoui d'une «nouvelle manière d'aborder le fait religieux, plus paisible et moins conflictuelle, qui correspond à une nouvelle génération politique».
À Rome, Nicolas Sarkozy avait évoqué les «racines essentiellement chrétiennes de la France». Lundi, devant le Conseil consultatif saoudien, tout en se posant en «chef d'un État qui repose sur le principe de la séparation de l'Église et de l'État», il avait exalté un «Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme».
«Promotion commerciale»
Depuis un mois, les réactions se sont succédé. Parmi les dernières, mercredi, François Hollande, premier secrétaire du PS, a affirmé que Nicolas Sarkozy a «fait de la religion un instrument de promotion commerciale des produits français» en Arabie saoudite.
«Le président de la République n'a pas à imposer ses croyances privées à la République», a renchéri Laurent Fabius. Jeudi matin sur RTL, l'ancien premier ministre socialiste a reproché au chef de l'État de rompre «avec ce qu'a été la tradition républicaine des différents présidents, depuis le général de Gaulle jusqu'à M. Chirac».
Et Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, a tenu à rappeler que la loi sur la laïcité «est un des piliers de la République». Il faut, a-t-il dit, «veiller à ce que l'équilibre de cette loi ne soit pas rompu».
Résultat des pressions exercées ces dernières semaines par les cercles laïques: deux commissions ont été mises en place. L'une va servir de tutelle à celle créée par la commission Machelon pour le toilettage de la loi 1905. L'autre va imaginer quelques cérémonies républicaines pour les grandes occasions.
Présent à l'Élysée jeudi soir, le métropolite orthodoxe Emmanuel se disait «t rès satisfait, mais attentif au respect de la symphonie byzantine», à l'équilibre entre le spirituel et le temporel, pour que «l'un ne prenne pas le pas sur l'autre». De son côté, le pasteur Claude Batty analyse le «petit psychodrame» autour des discours présidentiels comme «la manifestation du décalage entre un président entré de plain-pied dans la société postmoderne où sont affichées sans complexe les convictions, et d'autres qui fonctionnent sur d'anciens schémas d'opposition entre l'Église et l'État, la science et la religion...»
Tête pensante de l'épiscopat français, Mgr Claude Dagens prévient cependant : «Il y aurait rupture si le discours du Latran devenait une instrumentalisation des religions. Elles ne sont pas des forces politiques d'appoint, dit-il, mais des références vitales.»
Jeudi, le chef de l'État a confirmé son intention d'ouvrir le Conseil économique et social aux représentants des religieux et évoqué la perspective d'un service civique pour les jeunes, qui pourraient l'effectuer dans le cadre d'associations à caractère confessionnel
     
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