   
> Presse Le Progrés:"Philippe Cochet en franc-tireur pour prendre le Grand Lyon".
>> Pourquoi, maintenant, lancer une machine pour la conquête du Grand-Lyon ? C’est le moment ?
Ça fait trois ans que je siège à la Courly, je me suis assez peu exprimé, c’était volontaire. J’ai pu constater qu’aucune alternative n’existait face à Gérard Collomb. Il y a beaucoup de gens qui souhaiteraient que l’on fasse beaucoup mieux. Je fais aussi le constat que la métropole lyonnaise n’est pas à la hauteur de l’ambition qu’elle devrait avoir.
>> Mais François-Noël Buffet, le sénateur maire UMP d’Oullins, chef de file de l’opposition au Grand-Lyon, n’incarne pas cette alternative ?
J’en ai vraiment marre des querelles de personnes qui ont pour conséquence de ne jamais gagner ! On parle d’abord de fond, et on choisit ensuite les hommes et les femmes. Une chose est certaine, je jouerai l’union à mort. Si tel ou tel est le meilleur, je serai derrière lui. Quand on a un objectif, il faut en vouloir plus que de raison. On ne va pas encore passer trois ans à regarder les choses. Il voulait son métro, c’est bon, il l’a son métro, maintenant, il faut y aller !
>> Votre initiative, prise en solitaire alors que vous êtes le président de l’UMP du Rhône, semble avoir agacé les parlementaires du département…
Je la jouerai toujours collectif, je ne vois pas où est le problème ! Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis. Je ne transigerai pas sur les gens qui sont les acteurs de la défaite. Je n’ai pas vu d’alternatives, ce souffle que j’attendais. Et si le microcosme a pris un coup au cœur, ce n’est pas mon problème. Je ne sais pas si je serai candidat, mais je vais bosser à mort. Et si j’y vais, ce n’est pas pour faire de la figuration.
>> C’est vraiment le rôle d’un patron de fédération ?
Je prépare des candidats dans pratiquement tous les secteurs à conquérir ou à reconquérir. Je lance l’Autre Métropole, au-delà de l’UMP. J’ai pris conscience que la préparation n’était pas suffisante. Il y a un truc que je ne supporte pas, ce sont les petits accords dans les petites alcôves. Avec moi, les choses sont claires ! Je veux réfléchir au-delà des étiquettes politiques, même si, je suis candidat avec une étiquette. Ce sera clair.
>> Le patron de l’UMP, Jean-François Copé aurait reçu les plaintes de certains de vos « amis » parlementaires. Comment prend-il la démarche ?
Copé, il s’appuie sur les gens qui font. Certains ont la charge de l’opposition depuis plusieurs années et qu’ont-ils fait ? Je n’y suis pour rien, Oui, j’ai faim !
>> Qu’est ce qui dans la gouvernance de Gérard Collomb vous a déterminé à agir de cette manière ?
Aujourd’hui, on veut organiser la métropole sur un schéma encore plus concentré. Il faut consulter les habitants par référendum. Est-ce qu’ils veulent 150 000 habitants de plus sur vingt ans ? Cette vision, que je respecte, je ne la partage pas. Par ailleurs, les transports doivent devenir une plus grande priorité. La concentration ferroviaire est indispensable. Il n’y a pas de RER, et pourquoi ? La césure entre les compétences Sytral, région est aberrante. On prend le problème à l’envers. Et puis quand on dépasse un certain seuil de concentration, on perçoit les germes de la violence. Le SCOT (Schéma de cohérence territoriale), et le PLU (plan local d’urbanisme), doivent permettre d’organiser la métropole,
>> Le président du Grand-Lyon est l’un des artisans du pôle métropolitain. Ça ne vous convient pas ?
Il veut davantage une métropole tournée vers Saint-Etienne et Roanne que vers Grenoble qui a tous les atouts. C’est à mon sens une erreur.
>> Votre alternative se place aussi sur le champ de la gestion de la collectivité ?
Le problème majeur de cette institution c’est aussi la motivation des agents. On peut faire énormément, encore faut-il une vision. Et puis avec 40 vice-présidences, quelle cohérence ? On doit être en mesure de réunir les meilleurs des meilleurs. Il y a une fuite des cerveaux qui affaiblit l’institution.
>> Vous êtes de Caluire, et de tradition, le président du Grand-Lyon est aussi le maire de Lyon…
Et pourquoi le président serait le maire de Lyon ? Il n’y a pas de dogme. Quand les arbitrages se font toujours en faveur de Lyon, ça devient problématique.
>> C’est Gérard Collomb le problème pour vous ?
Gérard Collomb a, sur tous les dossiers, une vision unilatérale. On le voit pour le Grand-Stade. Il a une attitude mortifère avec son opposition. Les gens ne sont pas des chiens. Ils sont élus, ils ont une légitimité ! Et puis Collomb n’a plus la gnaque. Il a une vision technique alors que l’homme devrait être au centre des préoccupations. Collomb est un bon élu du XX e siècle. Mais il n’a pas changé de siècle.
Lancement de L’Autre Metropole, lundi, 19 h 30, à l’Hôtel Metropole
     
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