Après une baisse importante en avril, le taux de chômage a de nouveau fortement reculé en mai pour atteindre 9,1%.
La baisse du chômage continue et s'intensifie. Confirmant la «bonne nouvelle» annoncée par le premier ministre, Dominique de Villepin, mercredi, l'Insee publie ce matin les chiffres du chômage de mai qui affichent un recul de 2,16% par rapport à avril. En mai, le taux de chômage s'est établi à 9,1%, en recul de 0,2 point. En deux mois, le recul atteint 0,4 point, d'où le caractère «historique» des chiffres de mai selon le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui rappelle qu'ils représentent «la troisième meilleure performance de ces 25 dernières années».
Toutes les catégories sont concernées par cette baisse : les 26-49 ans, les plus de 50 ans et les jeunes. C'est cette catégorie des moins de 25 ans qui enregistre d'ailleurs la plus forte baisse sur un an avec un recul de 12,6%. De son côté, le chômage de longue durée repart à la baisse et le nombre de sorties des fichiers de l'ANPE pour reprise d'emploi augmente.
Au total sur mai, le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de 48 900 personnes. La France compte désormais 2 213 000 chômeurs. Depuis mars 2005, cela représente 261 000 chômeurs de moins. Cette inversion de tendance permet à Jacques Chirac d'afficher, pour la première fois depuis le début de son quinquennat, un bilan positif en termes d'emplois puisqu'en cinq ans le nombre de chômeurs a diminué de 29 600. C'est encore peu, mais au ministère de la Cohésion sociale, on ne doute pas que ce chiffre aille en s'amplifiant. «Depuis cinq ans, nous étions sur une tendance de 15 000 à 20 000 demandeurs d'emploi de plus par an. Nous sommes désormais sur une tendance lourde de 30 000 chômeurs de moins par mois», assure Jean-Louis Borloo qui espère qu'enfin, les mérites de son plan de cohésion sociale seront reconnus. Même tonalité chez son ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, qui estime possible de lever les barrières qui jusqu'alors ont toujours empêché le chômage de descendre sous les 8%. «Avec une croissance à 4%, le gouvernement Jospin affichait un chômage de 8,6%. Si nous pouvons descendre en dessous avec la croissance actuelle, cela veut dire que nous avons brisé le chômage structurel», affirme-t-il.
L'horizon de 2007
Jean-Louis Borloo l'assure, tout cela est lié à la montée en puissance de son plan. Selon ses indicateurs, les 10 programmes emploi du plan sont même en avance sur les prévisions et trois d'entre eux font la différence : les services à la personne, le bâtiment et la modernisation du service public de l'emploi. Quant aux contrats d'avenir dont les débuts ont été difficiles, ils commencent aussi à produire leurs effets. Dans le Cantal, 15% des bénéficiaires du RMI en ont signé un. Dans six autres départements, ils sont 10%. Pour Jean-Louis Borloo, «la donne sociale est en train de changer. Dans les deux ans qui viennent, nous visons 50% de RMIstes titulaires d'un contrat d'avenir».
Quant au contrat nouvelles embauches (CNE) de Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo a redit qu'il avait un véritable impact sur les entreprises de 1 à 3 salariés. «Pour une personne qui travaille seule, en recruter une autre c'est changer d'univers», affirme-t-il, sans s'appesantir.
Si la tendance se confirme de la sorte tout au long de l'année, le gouvernement abordera 2007 avec un bilan positif sur le front du chômage. Un objectif qui figurait sur la feuille de route de Dominique de Villepin et dont Jacques Chirac a rappelé les grands axes en début de semaine. Toute la question est désormais de savoir qui bénéficiera de ces résultats. Pour l'heure, Jean-Louis Borloo préfère éluder le sujet et vanter les mérites du «travail du gouvernement».