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> Presse Mag2Lyon:Cochet reprend en main l'UMP à Lyon
“Je veux réformer l’UMP du Rhône en profondeur”, insiste Philippe Cochet, député-maire de Caluire pour justifier son silence depuis son élection comme président départemental de l’UMP en décembre dernier. Cet élu déterminé, souvent critiqué pour ses déclarations à l’emporte-pièce, a donc décidé pour une fois de prendre son temps. Il faut dire qu’il a été élu par les militants avec 95% des voix alors que son prédécesseur, Dominique Perben, a carrément renoncé à l’affronter en se représentant une nouvelle fois. Ce qui lui donne une certaine légitimité. Il a donc carrément décider de lancer un audit sur le fonctionnement et les finances de ce parti. “Dans l’état où j’ai trouvé ce parti, j’étais incapable d’avoir idée du budget précis comme du nombre exact de militants”, affirme Cochet. Même s’il ne soupçonne pas ces prédécesseurs de magouilles, il estime qu’il avait besoin “ d’une base solide” pour construire l’avenir. Lui-même a réalisé un tour complet des circonscriptions pour “prendre la température” avant de présenter son plan d’action fin mars devant le bureau départemental de l’UMP. Et son bilan est sans concessions.
“Force d’intervention rapide”
Premier constat : l’UMP du Rhône a décroché au cours de l’année 2008 en perdant 30% de ses militants. Soit 7 000 adhérents seulement contre 10 000 en 2007. A l’UMP, on explique cela comme un “contre-coup classique après une élection présidentielle” qui suscite toujours une forte mobilisation. Cochet confirme mais il juge cette explication “insuffisante” pour justifier une telle chute. “Il y a aussi un problème de dynamisme !”, accuse Cochet qui, depuis sa prise de fonction, a beaucoup été interpellé par les militants
qui se plaignent de ne pas être suffisamment informés. “Beaucoup de gens se sont servis de l’UMP plutôt qu’ils n’ont servis l’UMP”, regrette le député-maire de Caluire même s’il se refuse à cibler les coupables. Car cet élu a aussi décidé de reprendre en main l’UMP en douceur. D’ailleurs, il est accompagné par Michel Forissier, le maire UMP de Meyzieu, secrétaire départemental du parti. Un personnage assez consensuel. Et il s’appuie aussi sur Michel Havard, le jeune président du groupe UMP au conseil municipal de Lyon. Bref, pas question pour lui de bousculer les barons. En revanche, il a repris en main les finances en remplaçant Roland Minodier, un gaulliste historique proche de Jean-Michel Dubernard, par Michèle Vautherin, expert-comptable à la retraite qui préside Francheville Autrement, l’association lancée par l’UMP pour contester la politique de René Lambert, le maire PS de cette commune.
Mais Cochet va surtout mettre en place de nouveaux coordinateurs de circonscription chargés d’animer son parti dans le département. Notamment Eric Poncet, 52 ans, le conseiller général d’Ecully qui, à peine élu, a fait entendre sa différence sur plusieurs dossiers sensibles comme le tronçon ouest du périphérique ou la réforme des collectivités locales, mais aussi Paul Laffly, conseiller général et maire de Neuville, ou Ludovic Boucaud, jeune délégué de la 9e circonscription qui regroupe Villefranche et le Beaujolais... Plus spectaculaire : Cochet a créé une “Force d’intervention rapide” composée de 100 volontaires capables de se mobiliser en urgence pour prêter main forte à des militants UMP isolés. Objectif: déstabiliser les fiefs socialistes. Enfin, Cochet veut complètement refondre le site internet du mouvement pour en faire un véritable outil de communication. En jouant la transparence. Ainsi, il a décidé d’afficher en Une du site, le nom des adhérents UMP en 2009, soit 2 681 à ce jour. Avec un taux de réadhésion de 38% qu’il estime encourageant car à la même époque l’an dernier, ont était à moins de 10%.
Stratégie musclée
Après cette reprise en main interne, Cochet compte bien s’imposer également vis-à-vis des élus. Mais là, ce sera beaucoup plus difficile. Objectif : imposer une ligne politique cohérente dans les communes comme dans l’agglomération et le département. “Pour une meilleure lisibilité de l’UMP sur les grands débats”. Sa première cible : les vice-présidents UMP du Grand Lyon. Trois maires de petites communes qui ont accepté d’être dans l’exécutif de Gérard Collomb : Jean-Pierre Calvel de Sathonay-Camp, Lucien Barge de Jonage et Gilles Assi de Sainte-Foy-lès-Lyon. “Cela ne peut durer éternellement” prévient Cochet en ajoutant : “Et qu’on arrête de me dire que le Grand Lyon n’est qu’une instance technique de cogestion. C’est une vraie assemblée politique avec une majorité et une opposition”. Le patron de l’UMP dans le département vient justement d’être nommé secrétaire général de l’UMP chargé des métropoles. Et il veut faire un exemple avec Christian Barthélémy, cet ancien milloniste qui vote aujourd’hui tous les projets de Collomb. “Il devrait démissionner du Grand Lyon car il a abusé les électeurs en se faisant élire sur les listes UMP de Perben aux élections municipales à Lyon !” Et le député de Caluire compte “taper Collomb sur sa méthode” car il juge que sa manière de gérer son opposition est très éloignée de son image centriste. “On ne laissera pas Collomb s’essuyer les pieds sur l’UMP à la Communauté urbaine”, annonce Cochet qui n’a pas digéré que début mars, Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne, traite un élu de Caluire de “roquet” juste parce qu’il se plaignait que cette commune n’ait pas été consultée avant la construction de la nouvelle passerelle Saint-Clair.
Avec cette reprise en main, Cochet compte remettre en ordre de marche l’UMP pour les prochaines élections. Reste pour lui à démontrer aussi son influence vis-à-vis de la direction nationale de l’UMP. Pour la tête de liste des Européennes dans le sud-est, il soutenait Françoise Grossetête, qui a été élue. En revanche, il est en bagarre avec Paris pour la quatrième place où il propose Nora Berra, médecin et conseillère municipale dans le 8e arrondissement, ou la Lyonnaise Djida Tazdaït, ancienne député européenne verte. Mais Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture, exige à ce poste un de ces proches. Une première épreuve de vérité pour Cochet qui va aussi s’impliquer fortement pour la constitution des listes aux prochaines élections régionales.
Lionel Favrot
l.favrot@mag2lyon.com
     
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