Contrat Première Embauche - VRAI-FAUX
- le CPE implique une baisse moyenne des salaires des jeunes, comme le CIP en 1994.
FAUX le CPE comporte une garantie de rémunération qui ne peut être inférieure au régime commun des salariés. Contrairement au CIP, il ne comporte pas de salaire plafond.
- le CPE napporte aucun avantage au salarié par rapport à un contrat classique.
FAUX le droit individuel à la formation sera ouvert dès la fin du 1er mois alors quil ne souvre quaprès un an pour un CDI classique, et nexiste pas pour le CDD.
- si le jeune était en stage dans lentreprise avant la signature de son CPE, la période de consolidation du CPE sera réduite dautant.
VRAI le CPE comporte une période de consolidation de lemploi de 2 ans maximum, dont seront décomptés les périodes de stages, les CDD, les missions dintérim et les contrats en alternance.
- la notion dancienneté est prise en compte en cas de rupture du contrat.
VRAI si le CPE adapte la procédure de licenciement pendant les 2 premières années, le préavis est obligatoire et augmente avec lancienneté, et ce dès la fin du 1er mois.
- les femmes enceintes seront autant protégées lors de la période de consolidation du CPE que dans le cadre dun CDI classique.
VRAI on ne peut pas licencier une femme enceinte pendant la période de consolidation, comme dans un CDI classique. La période de consolidation ne permet pas de mettre fin au contrat en utilisant quelque type de discrimination que ce soit.
- le CPE cest la précarisation de lemploi.
FAUX le CPE prévoit des garanties spécifiques telles que la protection renforcée en cas de licenciement : en cas de rupture dun CPE après 4 mois, une allocation forfaitaire spécifique de 490 /mois, financée par lEtat, sera versée pendant 2 mois au jeune qui ne peut prétendre à lassurance chômage.
- le CPE facilitera pour les jeunes laccès au logement et au crédit.
VRAI la Fédération française des Banques a confirmé par un communiqué quelle considérait le CPE comme un CDI à part entière et que les signataires dun CPE nauront pas de difficulté particulière pour se voir attribuer un prêt. En matière de logement, le gouvernement sest assuré que les possibilités offertes par le LOCA-PASS seraient systématiquement proposées aux signataires du CPE.
Contrevérités:
« Rien na été négocié avec les syndicats » (Jean-Marc AYRAULT, député PS)
- Le Gouvernement est en dialogue permanent avec les syndicats. Mais sil y a un temps pour lécoute, il y a aussi un temps pour laction : face au chômage des jeunes, nous ne pouvons plus accepter le statu quo.
- Par ailleurs, le Gouvernement est ouvert à toutes les propositions susceptibles de compléter le CPE et denrichir le parcours dembauche des jeunes. Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher poursuivent les consultations en ce sens.
« Une opération éclair qui a pour objectif d'escamoter le débat parlementaire » (Arnaud MONTEBOURG, député PS)
Le Gouvernement a donné toute sa place au débat démocratique :
- LAssemblée Nationale a adopté lamendement instaurant le CPE,après plus de 16 heures de discussion.
- Le texte sur l'égalité des chances a été adopté par le Sénat au terme d'un débat de plus de quatre-vingt dix heures, qui a permis l'adoption de 132 amendements.
- Au total, ce sont plus de 135 heures qui ont ainsi été consacrées au débat.
« La volonté du Gouvernement dimposer la précarité à tous » (PCF)
- La précarité, cest aujourdhui que les jeunes la vivent et souvent jusquà 30 ans avec une succession de stages non rémunérés, dintérim, de CDD - 70% des embauches, la moitié dentre eux, durent moins dun mois - et de périodes de chômage non indemnisé. Le taux de chômage des jeunes est de 20 % depuis 20 ans.
- Le CPE, cest au contraire un parcours dinsertion rapide : deux ans de consolidation de lemploi contre 8 à 11 ans de précarité aujourdhui. Cest un véritable contrat anti-précarité : un droit à la formation dès la fin du premier mois, un accès facilité au crédit et au logement ; une indemnisation du chômage dès le quatrième mois en cas de rupture. Quel stage, quel CDD, quel contrat dintérim propose cela ?
« Où est le progrès par rapport à un CDD ou à un stage ? » (Gaëtan GORCE, PS)
- Avec le CPE comme avec nimporte quel type de contrat, le droit du travail protège les salariés. Par exemple, un employeur ne pourra pas mettre fin au contrat première embauche dune femme enceinte, ou dun salarié en raison de ses convictions ou de sa vie privée.
- En cas de rupture du CPE, le salarié reçoit une prime de 8% nette de cotisations sociales, ce qui équivaut à la prime perçue en fin de CDD. La différence, cest quavec le CDD, dans tous les cas, le contrat se termine à léchéance prévue, tandis quavec le CPE, on a toutes les chances de continuer dans son emploi.
- Le CPE donne droit à des garanties nouvelles : en cas de rupture après quatre mois passés dans lentreprise, un jeune qui na pas droit aux Assedic peut percevoir une allocation de lÉtat de 490 par mois pendant deux mois. Aucun CDD ne prévoit cela.
- Enfin les périodes de stages, dintérim ou de CDD qui auraient été effectuées dans lentreprise avant une embauche en CPE seront décomptées de la période de consolidation. Laccès au CDI est bien privilégié.
« Il y aura une menace permanente pour le salarié, qui pourra se faire licencier du jour au lendemain ».
- Cest faux. Avec le CPE, on ne peut pas licencier du jour au lendemain. Il y a un préavis obligatoire qui progresse avec lancienneté : 15 jours durant les six premiers mois et 1 mois au-delà.
- Ensuite, le droit du travail sapplique au CPE comme à tout autre contrat : on ne peut pas licencier de manière abusive. Par exemple, un employeur ne pourra pas se séparer dun salarié parce que sa tête ne lui revient plus.
- Enfin, croire que les employeurs qui ont embauché en CPE licencieront leurs salariés sur un mouvement dhumeur, cest méconnaître la réalité des entreprises : quand on a investi du temps et de largent pour accompagner et former un nouveau collaborateur, ce nest pas pour sen séparer sans raison. Dailleurs, les droits des salariés augmentent avec lancienneté : plus le temps passe, moins lemployeur a intérêt à rompre le contrat de travail.
« La période dessai est difficile à vivre. Ça veut dire que pendant deux ans, on nest pas dans une position dégal à égal, on est inférieur, on peut rien négocier, sur les salaires, les vacances ».
- Il faut bien distinguer la période dessai, qui dure un mois, de la période de consolidation de lemploi, qui dure 2 ans au maximum. Pendant cette période, il y a un préavis et des indemnités en cas de rupture, ce qui nest pas le cas dans une période dessai.
- Avec le CPE, les droits du salarié augmentent au fil du temps passé dans lentreprise. Le pouvoir de négociation aussi. Il est normal quau bout dune semaine, on ne puisse pas demander une augmentation. En revanche, rien nempêche un salarié dont le travail est apprécié et qui a déjà passé plusieurs mois dans lentreprise de négocier avec son employeur.
- De plus, rien nempêche lemployeur et le salarié de prévoir des aménagements lors de létablissement du contrat, à condition que ceux-ci ne soient pas contraires à la loi ou au code du travail. Par exemple lemployeur et le salarié peuvent convenir :
- De réduire la durée de la période de consolidation (la durée de deux ans nest donc quun maximum) ;
- Daugmenter le montant des indemnités versées au salarié en cas de rupture du contrat à linitiative de lemployeur.
- Les droits à congé sont les mêmes quavec nimporte quel autre contrat de travail.
- La convention collective de lentreprise sapplique dès le premier jour de travail (progression à lanciennté, primes, congés spécifiques, etc.)
« Quel propriétaire accepterait de louer à quelquun qui peut se retrouver sans boulot du jour au lendemain ? (...) Quelle banque va vous donner un crédit à la consommation, ou étudier avec vous des possibilités de découvert ? »
- Quel bailleur accepte aujourdhui de louer un logement à un jeune qui a un CDD dun ou deux mois ou un stage ?
- Le CPE, cest laccès à la garantie de loyer pendant deux ans et à lavance de la caution avec le LOCAPASS.
- La Fédération Bancaire de France (FBF) a indiqué que le CPE, comme le CNE, aurait la même valeur que le CDI pour laccès au crédit.
« Le CPE pourra devenir un contrat de deuxième, troisième, voire quatrième embauche ». (Annick COUPE, porte-parole nationale de lUnion syndicale Solidaires)
- Avec le Contrat Première Embauche, toutes les précautions ont été prises contre de tels abus :
- Dabord, une entreprise ne peut pas licencier un jeune en CPE à lissue de sa période de consolidation et en embaucher un autre au même poste dans le seul but déviter le passage au CDI de droit commun : un employeur qui mettrait systématiquement fin aux CPE après 23 mois peut être condamné aux prudhommes.
- Ensuite, si une entreprise licencie un jeune embauché en CPE, elle doit attendre trois mois avant de pouvoir le réembaucher. La période de consolidation du nouveau contrat est alors réduite du temps passé dans lentreprise : si un jeune a passé 12 mois dans une entreprise avec un premier CPE, quil est licencié et réembauché avec un deuxième CPE dans la même entreprise, sa période de consolidation nest plus que de 12 mois.
Linsécurité juridique pour les salariés comme pour les employeurs
« Les employeurs vont dailleurs déchanter en découvrant que le gouvernement les a trompés en leur faisant croire quils pourraient licencier sans motif ».
- Cest faux, le gouvernement na jamais cherché à tromper qui que ce soit.Avec le CPE ou le CNE, la procédure de licenciement est simplifiée. Mais les droits des salariés continuent dêtre respectés et le gouvernement la toujours dit.
- On ne peut pas un jour accuser le CPE de remettre en cause le droit du travail, et le lendemain lui reprocher de trop bien le respecter.
- Avec le CPE et le CNE, comme pour nimporte quel type de contrat, le droit du travail sapplique.
- On ne peut pas licencier quelquun abusivement.
- Aucun licenciement ne peut être fondé sur un motif discriminatoire : opinions politiques, engagement syndical, origine, sexe, état matrimonial, etc.
- Les procédures spécifiques aux salariés protégés doivent être appliquées. Par exemple, on ne peut pas licencier un délégué syndical sans lautorisation de linspecteur du travail. On ne peut pas non plus licencier une femme enceinte, à moins dêtre en mesure de prouver quelle a fait une faute grave.
« Les premières affaires de licenciements abusifs de contrats nouvelles embauches ont montré le vrai visage de ce contrat précaire. » (Bruno JULLIARD, président de lUNEF)
- Noublions pas quavec le CDI, il y a chaque année 150.000 recours aux prudhommes, soit plus du quart des 570.000 licenciements pour motif personnel comptabilisés annuellement.
- Rien nindique quil y ait plus de licenciements abusifs en CNE quen CDI classique.
- Ensuite, ces affaires montrent au contraire que les règles du droit du travail s'appliquent strictement au CNE et au CPE, comme à n'importe quel autre contrat de travail : on ne peut pas licencier quelquun abusivement, quil soit en CNE ou en CDI classique. Lorsquun employeur ne respecte pas les règles, les possibilités de recours existent.
« Lignorance du motif du licenciement va contraindre le salarié désirant le connaître à assigner presque systématiquement en justice son employeur ».
- Avec le CPE, la procédure de rupture du contrat est simplifiée. Cela ne veut pas dire quen cas de rupture à son initiative, lemployeur ninformera pas le salarié des raisons pour lesquelles il met fin au contrat. Il ny a donc aucune raison de penser que les procédures vont se multiplier : comme avec nimporte quel autre type de contrat, un salarié licencié nattaquera que sil soupçonne un licenciement abusif.
Un contrat qui se substituera aux CDI sans créer demplois
« Le CPE ne créera pas demplois, pas plus que le CNE, dont les deux tiers se substituent en fait à des CDI ». (Guy FISCHER, sénateur du Rhône)
- Cest faux. Le CNE a permis de créer de nombreux emplois. Selon le dernier baromètre de conjoncture des très petites entreprises réalisé par lIFOP, un tiers des salariés en CNE nauraient pas été embauchés si ce nouveau contrat navait pas existé.
- Tout comme les chiffres mensuels fournis par lACOSS, lenquête montre également que le CNE na pas « cannibalisé » les autres types de contrat : au cours des derniers mois, il a été signé deux fois plus de CDI classiques que de CNE.
- Ces résultats invitent à loptimisme : nul doute que le CPE permettra également de créer de nombreux emplois.
« le CPE n'est donc pas un contrat de plus pour les jeunes, mais bel et bien le contrat qui remplacera tous les autres ». (François HOLLANDE)
- Cest faux, le CPE est avant tout une opportunité offerte aux jeunes qui narrivent pas à sinsérer sur le marché de lemploi, notamment les jeunes les moins qualifiés. Il ne supprime pas les autres contrats.
- Cet argument a déjà été utilisé contre le CNE ; les faits démontrent le contraire : au mois de janvier les entreprises de moins de 20 salariés ont embauché leurs salariés avec tous les contrats mis à leur disposition : elles ont dailleurs signé près de deux fois plus de CDI classiques que de CNE.
- Nul doute que les entreprises continueront également à proposer des CDI classiques aux jeunes, notamment à ceux qui ont des compétences recherchées. Ainsi, la BNP-Paribas a récemment annoncé que les 1500 bac + 4 ou + 5 quelle recrutera cette année seront embauchés en CDI classiques.
Un contrat inefficace selon les économistes
« Le rapport de M. PROGLIO (
) préconise, non pas de créer un nouveau contrat, mais d'encourager, par la modulation, les contrats de longue durée, et décourager, de la même manière, les contrats précaires ». (François HOLLANDE)
- Il faut lire attentivement le rapport de M. PROGLIO : celui-ci souhaite que les contrats à durée indéterminée deviennent la « forme normale dembauche ». Cest précisément ce que permet le CPE : au lieu denchaîner successivement des périodes de stages, de CDD et dintérim, les jeunes pourront directement intégrer lentreprise avec un CDI.
- M. PROGLIO a dailleurs approuvé le CPE, déclarant dans une interview aux Echos : « Plutôt que de rechercher des jeunes « prêts à l'emploi », les employeurs devraient leur proposer de s'impliquer durablement dans la vie de l'entreprise. C'est bien le sens des réformes lancées par le gouvernement ».
- Du reste, le gouvernement s'est engagé à effacer les charges sociales pour toute embauche en CDI, avant le 31 décembre 2006, de jeunes qui sont aujourdhui au chômage depuis plus de six mois.
Une étude de Pierre CAHUC et Stéphane CARCILLO, de lUniversité de Paris-I, met en doute lefficacité du CNE et du CPE, qui ne permettraient de créer en réalité que 70 000 emplois.
- Dabord, cette étude montre que le CNE et le CPE créent des dizaines de milliers demplois, ce qui nest déjà pas si mal.
- Ensuite, il faut être prudent sur le nombre demplois créés.
- Létude de MM. CAHUC et CARCILLO est une simulation. Les chiffres quelle avance ne sont que des prévisions. Elles devront être confrontées à la réalité des faits.
- Aujourdhui, la réalité des faits, ce sont plus de 350 000 CNE signés en 6 mois. Selon une première enquête de terrain réalisée par lIFOP pour FIDUCIAL, près dun tiers de ces embauches nauraient pas eu lieu sans ce nouveau contrat. Selon une autre étude réalisée par lAssemblée des Chambres Françaises de Commerce et dIndustrie, 82% des entreprises se disent intéressées par le CNE et 68% dentre elles estiment quil va leur permettre de créer de nouveaux postes.
Un contrat qui ne respecte pas nos engagements internationaux
« La période de consolidation du CPE (présenté comme un CDI) est en réalité comme dans le contrat nouvelles embauches (CNE) une période dessai. Or celle-ci sera de deux ans pour le CPE, au lieu de un à trois mois pour les autres CDI, [ce qui est] contraire à plusieurs de nos engagements internationaux, dont la charte sociale européenne et surtout la convention 158 de lOrganisation internationale du travail (OIT) sur le licenciement ». (Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, député radical de gauche du Val-de-Marne)
- Dabord, la période de consolidation na rien à voir avec une période dessai. Le conseil dÉtat la dailleurs reconnu dans un arrêt du 19 octobre 2005. Si le contrat est rompu lors de la période de consolidation, le salarié a notamment droit à un préavis et à des indemnités qui augmentent avec lancienneté, ce qui nest pas le cas lors dune période dessai.
- Par ailleurs, dans ce même arrêt, le conseil dEtat a jugé que le CNE respectait la « Convention sur le licenciement » n°158 de lOrganisation internationale du travail.
« Le CPE déroge aux normes internationales et au droit du travail tel que nous le concevons dans lEurope entière ». (Bernard THIBAULT, secrétaire général de la CGT)
- Au contraire, la grande majorité des pays développés ont su adapter leur droit du travail pour favoriser lemploi. Ainsi, dans son rapport annuel 2005 « Perspectives de lemploi », lOCDE indique que « Les procédures de licenciement applicables aux contrats à durée indéterminée sont particulièrement complexes en France, ce qui pourrait expliquer que les employeurs hésitent à embaucher sur ce type de contrat ».
- Le CPE répond à cet objectif. En même temps, il offre aux salariés des garanties qui sont parmi les plus fortes en Europe : un droit individuel à la formation dès la fin du premier mois, un accès facilité au crédit et au logement, un préavis et des indemnités de licenciement qui augmentent avec lancienneté et une indemnisation du chômage dès le 4e mois en cas de rupture.
- Récemment, l'opposition centriste suédoise a pris le CPE comme modèle d'initiative européenne à suivre. Cela faisait bien longtemps qu'aucun pays en Europe - surtout un pays social-démocrate - n'avait pris modèle sur la France en matière d'emploi.
Il y a de meilleures solutions que le CPE pour lutter contre le chômage des jeunes
« Si on veut demain une société d'emploi, d'embauche généralisée de tous les jeunes et des moins jeunes, il faut faire tout autre chose, c'est la baisse des charges. » (Philippe DE VILLIERS, président du Mouvement pour la France)
- Baisser les charges, cest bien, et cest ce que nous faisons depuis 1993. Cette année nous consacrons 20 milliards deuros aux allègements de charges sur les bas salaires. Et nous faisons un effort particulier en faveur des jeunes : les entreprises qui recruteront en CDI des jeunes au chômage depuis plus de 6 mois bénéficieront dallègements de charges spécifiques.
- Mais cela ne suffit pas. Depuis 1993, le chômage des jeunes nest jamais passé sous la barre des 18%. Il faut une réponse spécifique : le Contrat Première Embauche.
« Ce quil faut, cest observer la situation des jeunes cinq à dix ans après larrêt de leurs études. Et là, on voit que 5 à 6% chez ceux qui ont un diplôme supérieur au baccalauréat sont au chômage (
) chiffre qui monte à 30% chez ceux qui nont aucun diplôme. Ce nest donc pas du côté de lâge quil faut chercher des solutions, mais de la formation ». (Jean-Claude MAILLY, FO)
- Cest ce que fait le Gouvernement, en créant un service public de lorientation, pour permettre à chaque jeune de choisir une formation qui lui offre des débouchés professionnels, ou en fixant des objectifs précis aux entreprises en terme dapprentissage et dalternance.
- Mais la formation nest pas la seule clé du problème. Devoir attendre cinq à dix ans après la fin des études avant davoir les mêmes chances que nimporte quel salarié de trouver un emploi, est-ce que cela ne traduit pas un problème spécifique lié à lâge ?
« On met des rustines, le pneu est troué partout. Il va falloir changer le pneu (...) Il y a tellement de rustines qu'on ne sait plus où on en est. [Il aurait mieux valu] faire le même contrat pour tout le monde ». (Bernard KOUCHNER)
- Le CPE offre une réponse spécifique à un problème spécifique : le chômage des jeunes. Il fallait créer un parcours daccès à lemploi plus rapide et plus sûr. Cest ce que nous avons fait, avec un contrat à durée indéterminée qui intègre CDD et stages dans une période de consolidation de lemploi.
- En ce qui concerne le contrat unique, le débat reste ouvert. Est-ce quil vaut mieux un contrat adapté à chaque situation ou le même contrat pour tout le monde ? En tout état de cause, sur cette question, nous avons besoin dexpertise et de concertation.
Le Gouvernement déforme la réalité du chômage des jeunes pour faire passer le CPE
« Pour justifier le CPE, le gouvernement brandit le chiffre de 22,7% de jeunes au chômage. Mais si lon prend lensemble de la classe dâge, en tenant compte de ceux qui poursuivent leurs études, le taux de chômage tombe à 8,5% » (Jean-Claude MAILLY)
- Quelle que soit la classe dâge concernée, le taux de chômage se calcule par rapport à lensemble de la population active, qui comprend ceux qui travaillent et ceux qui sont à la recherche dun emploi. Prendre en compte les lycéens et les étudiants dans le calcul du taux de chômage des jeunes, ce serait comme prendre en compte les retraités dans le calcul du taux de chômage des seniors : cela na aucun sens.
- Il y a une réalité indiscutable qui démontre lurgence de la situation et le mode de calcul ny change rien : nous avons en France un taux de chômage des jeunes bien supérieur à celui des autres pays dEurope : 22,7 % contre 16,7 % dans lUE à 15.
« Quant au chômage des jeunes, toutes les études montrent que le vrai problème est celui de la qualification. Ont du mal à trouver un emploi les salariés peu ou pas qualifiés, quils soient jeunes ou non ». (François CHEREQUE)
- Bien sûr, le manque de qualification constitue un difficulté supplémentaire pour trouver un emploi, quel que soit lâge. Pour répondre à cette difficulté, nous avons mis en place des contrats adaptés, comme le Contrat dAccompagnement vers lemploi ou le CIVIS.
- Mais le chômage des jeunes, cest un problème spécifique :
- Il nest jamais passé en dessous des 18% depuis dix ans, même en période de croissance, même en période de baisse générale du chômage.
- Et cest une réalité qui touche même les plus qualifiés : selon une enquête de lAPEC, 49 % des jeunes diplômés bac +4 et plus étaient au chômage près dun an après la sortie de leurs études en 2004.